L’eau dans le sol

L’eau et la plante

L’eau représente jusqu’à 95% du poids de la matière végétale et c’est elle qui en les dissolvant est le véhicule indispensable des sels minéraux que la plante puise pour se nourrir.

Il est donc tout à fait indispensable pour la plante de disposer de quantités suffisantes d’eau qui seront apportées soit par les pluies ou encore par les arrosages pour les plantes sous abri ou dans le cas ou les précipitations sont insuffisantes.

Les besoins de la plante

Les besoins en eau des végétaux varient considérablement suivant les espèces mais aussi suivant les différents stades de végétation. Pour constituer ses tissus la plante peut absorber 350 à 800l d’eau par kg de matière sèche. Exemples extrêmes : les cactées qui vivent dans les régions désertiques et les nénuphars vivant perpétuellement dans l’eau.

L’eau peut être un facteur limitant des rendements ; en effet le manque d’eau durant la forte végétation se traduit par une perte de rendement d’ou l’intérêt pour l’agriculteur de pratique l’arrosage lorsque les conditions climatiques ne permettent pas la satisfaction des besoins de la plante.

Les engrais sont des économiseurs d’eau : On admet couramment qu’en milieu riche, les solutions du sol sont plus concentrées et que pour absorber la même quantité d’éléments nutritifs, la plante utilise moins d’eau.

L’eau utilisable par la plante 

Lorsque la terre est complètement gorgée d’eau à la suite de pluies importantes ou d’une irrigation, l’excès d’eau s’évacue en profondeur plus ou moins vite suivant la richesse en colloïdes du sol.

On appelle eau de gravité, celle qui circule dans le sol sous l’effet de son poids. C’est une eau nuisible qu’il faut éliminer par drainage si l’égouttage naturel est trop lent pour éviter l’asphyxie des racines.

 Capacité de rétention, point de ressuyage, évapotranspiration

À un moment donné, l’égouttage cesse, le sol a atteint son point de ressuyage. La terre retient un certain volume d’eau appelé capacité de rétention. La capacité du sol peut varier par exemple de 80l par m3 pour un sol sablonneux à 300l par m3 pour un sol argileux. Cette eau sera progressivement utilisée par la plante pour sa transpiration et la constitution de ses tissus, cependant une certaine quantité d’eau s’évaporera à la surface du sol d’ou la notion d’évapotranspiration qui correspond à la consommation d’eau pour une culture donnée dans un sol déterminé.

Eau utilisable, point de flétrissement

Pour une culture déterminée soumise à une sècheresse prolongée, il arrive un moment où la force d’attraction du sol pour l’eau est supérieure à la force de succion des racines. La plante ne peu plus utiliser l’eau qui reste dans le sol : C’est le point de flétrissement. A ce stade une terre argileuse pourra contenir 150l d’eau par m3 de sol et une terre sableuse 20l par m3 seulement.

Capacité utile et eau utilisable

La capacité utile est la différence entre la capacité de rétention maximum au point de ressuyage et la capacité d’eau restant dans le sol au point de flétrissement. C’est encore l’eau utilisable par la plante.

Les sols riches en colloïdes emmagasinent beaucoup d’eau mais la retiennent beaucoup plus énergiquement. Au contraire les sols sablonneux retiennent peu d’eau mais la cède plus facilement à la plante

Mouvement de l’eau dans le sol et action sur les éléments minéraux

Mouvement de haut en bas

Ce mouvement est d’autant plus rapide que le sol est plus perméable. Pour un sol bien ameubli et de perméabilité moyenne, la pluie pénètre à une profondeur égale à 5 fois la hauteur d’eau tombée, exemple 5 cm de pluie pourra mouiller 20 à 25 cm de sol.

La bonne utilisation des engrais est liée au régime des pluies : les engrais agissent d’autant mieux que le sol sera mouillé.

Le mouvement descendant de l’eau n’a guère d’influence sur l’azote ammoniacal, l’acide phosphorique et la potasse qui sont bien fixés par le complexe. En revanche l’azote nitrique peut être facilement entrainé en profondeur à raison de 1 cm pour 3mm de pluie.

Mouvement de bas en haut

Le mouvement ascendant de l’eau ne peut se faire que par le contact d’une particule de terre avec une autre qui lui est superposée. La vitesse de remontée est très lente inférieure à 1cm par 24 heures, c’est à dire inférieure à l’allongement journalier des racines. Ceci explique la tendance des racines à s’enfoncer en profondeur pour chercher l’eau dont elles ont besoin. Les mouvements ascendants de l’eau sont directement liés à la finesse des particules du sol et à son degré de tassement.

Moment le plus favorable à l’arrosage

Ce moment varie avec l’époque de l’année et l’intensité de la transpiration du végétal. Durant l’hivernage, il est recommandé de pratiquer l’arrosage entre 10h et 12h du matin ce qui permet d’éviter un refroidissement des plantes et donc un ralentissement de leur croissance. 

Durant la saison chaude, il faut effectuer l’arrosage avant la montée brutale de la température c’est à dire entre 6h et 8h ou mieux le soir à partir de 16h jusque vers 18h afin de permettre au sol de garder l’humidité plus longtemps.

Modes d’arrosage

Arrosage au goulot ou arrosage au bec

Cette méthode consiste à fournir la quantité d’eau nécessaire aux végétaux au moyen de l’arrosoir privé de sa pomme. Elle s’emploie pour des plants espacées et suffisamment fortes pour ne pas être déracinées par la chute de l’eau. Ce mode d’arrosage provoque un tassement de la terre qui facilite la reprise de la plante et sa fixation au sol. Plus l’arrosoir est éloigné du sol plus le tassement sera important, il convient donc de faire attention aux végétaux faibles et fragiles.

Arrosage en pluie

On se sert de l’arrosoir muni de sa pomme, de la lance d’arrosage, du tourniquet, de l’arroseur oscillant, du « cracheur ». Cette méthode est utilisée pour les repiquages des semis et les plantations de végétaux fragiles que la méthode précédente plaquerait au sol.

Arrosage par immersion

Elle s’applique pour les semis en terrines qui sont placées dans un récipient contenant de l’eau. L’eau remonte du fond vers la surface par capillarité. Cette méthode à l’avantage de fournir à la graine ou à la jeune plantule l’eau nécessaire à son développement sans bouleversement de la surface 

Bassinage

C’est un arrosage léger qui a pour but non pas d’imbiber le sol mais d’humecter légèrement la surface cultivée ou de rafraichir de jeunes plants délicats. Il se pratique au moyen de l’arrosoir à long bec et pomme fine, avec la seringue à bassiner ou du tourniquet hydraulique ; exemple : légumes cultivés en serre.

Irrigation 

L’irrigation a pour but de fournir aux terrains manquant d’eau l’humidité qui leur est nécessaire. C’est une opération qui peut être entreprise dès la 3ème semaine de sécheresse ou dès que les feuilles des végétaux se parcheminent ou se recroquevillent. Trois systèmes d’irrigation peuvent être distingués :

  • • Eau fournie par déversement : le trop-plein des rigoles se déverse dans le sol avoisinant.
  • • Par submersion : inondation du terrain pendant une durée déterminée
  • • Infiltration : Circulation de l’eau dans des rigoles à l’intérieur des différents carrés de culture ce qui permet aux racines d’absorber cette eau par infiltration. C’est le système le plus intéressant car l’eau ne recouvre pas le sol et ne risque pas de nuire aux plantes par contact direct et l’aération du sol n’est pas entravée. 

Comment économiser l’eau

Le paillage

Il consiste à étaler au pied des plantes une couche de 3 à 5 cm de matériaux tels que la paille, le fumier, la tourbe de façon à interrompre l’évaporation de l’eau du sol par les canaux capillaires qui se forment dans un terrain tassé. Il favorise la reprise des arbres et arbustes nouvellement plantés et limite la croissance des mauvaises herbes.

Le terreautage

Il est réalisé en épandant sur le sol une couche de terreau de 1 à 2 cm ou encore de la tourbe. Son effet de conservation de l’eau est presque égal à celui du paillage.

Le binage

C’est une opération qui consiste à ameublir le sol soit après la levée des semis soit après les plantations. Il permet de rompre la capillarité qui s’établit dans les terres tassées. C’est un moyen économique très efficace pour une humidité bienfaisante.